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L’abus de droit fiscal : la définition légale et ses conséquences
Le mot circule beaucoup, souvent sans sa définition légale. Trois régimes existent, et ils ne se confondent pas : gestion légitime, abus de droit, fraude.
« Abus de droit » revient souvent dans les recherches sur la fiscalité, associé à l’idée d’un montage sanctionné. La définition légale est plus précise, et elle distingue trois situations qu’il ne faut pas confondre.
Ce que dit le texte L.64 : l’abus de droit « classique »
Le texte L.64 du Livre des procédures fiscales définit l’abus de droit comme des actes qui, recherchant le bénéfice d’une application littérale des textes contraire aux objectifs poursuivis par leurs auteurs, ont pour seul but d’éluder ou d’atténuer les charges fiscales. Deux éléments doivent être réunis : une application littérale des textes détournée de leur objectif, et un but exclusivement fiscal.
L’extension de 2019 : le « mini-abus de droit »
Le texte L.64 A a élargi la définition en 2019 : il suffit désormais que le but soit principalement fiscal, et non plus exclusivement fiscal, pour que l’abus de droit puisse être caractérisé sur certaines opérations. Ce texte, plus récent, a un champ d’application plus large que L.64, ce qui explique une partie de la confusion entre les deux régimes.
Votre situation ne rentre pas exactement dans ce cas de figure ? Décrivez-la.
Décrire ma situationTrois étages, pas deux
La distinction utile pour un contribuable tient en trois niveaux. Choisir entre deux options que la loi offre expressément, par exemple entre deux régimes d’imposition légalement ouverts, relève de la gestion fiscale, et c’est parfaitement légal. Construire un montage dont le motif est principalement fiscal, sans réalité économique propre, relève de l’abus de droit, sanctionné par une majoration de 80 %, ou de 40 % lorsque le contribuable n’a pas eu l’initiative principale du montage. Dissimuler des revenus ou des actifs, enfin, relève de la fraude fiscale, qui expose à des poursuites pénales distinctes des sanctions fiscales.
Pourquoi cette ligne compte
Confondre les trois niveaux conduit à deux erreurs opposées : croire qu’un choix fiscal légitime est risqué, ou au contraire minimiser la portée d’un montage motivé principalement par l’économie d’impôt. Aucun contenu ne devrait présenter un « montage » comme une méthode à suivre : la loi sanctionne précisément cette logique. Un doute sur la qualification d’une opération se vérifie au cas par cas, avec le dossier complet, jamais sur la base d’une description générale.
Un des délais cités ici vous concerne directement ? Ne le laissez pas passer.
Décrire ma situationLe comité de l’abus de droit fiscal
En cas de désaccord sur une rectification notifiée sur ce fondement, le litige peut être soumis, à la demande du contribuable, à l’avis du comité de l’abus de droit fiscal. Ce comité rend un avis, pas une décision, mais ses avis font l’objet d’un rapport annuel public, consultable pour comprendre comment la qualification est appliquée en pratique sur des situations comparables. La page contrôle fiscal revient sur le déroulement d’une vérification, et la page régularisation et rescrit explique comment sécuriser une situation avant qu’un contrôle ne survienne.
Sources : Livre des procédures fiscales, Code général des impôts, BOFiP, service-public.gouv.fr. Voir aussi le socle de faits vérifié du site.
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